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Table
des matières et résumé de
N°20 - 2005 :
L'Asie Centrale l'héritage
post-Soviétique :
Islamisme et enjeux stratégiques
Didier Chaudet :
L'islamisme en Asie Centrale : Etat des lieux,
et évaluation des risques
Résumé :
Cet article vise à clarifier la situation de l'islamisme, et
les dangers sécuritaires qui peuvent lui être rattachés,
en Asie Centrale. Ce sujet, très médiatique mais rarement
analysé avec mesure, s'articule autour de quatre grandes menaces
ou supposées telles : le Parti de la Renaissance Islamique tadjike,
le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan, le Hizb-Ut-Tahrir, et la
situation trouble au Xinjiang. Comme on le verra, l'islamisme, si il
ne doit pas être totalement sous-estimé, est loin d'être
l'unique danger sécuritaire qui menace la région. Seule
une approche moins schématique des problèmes de la zone
de la part des puissances souhaitant la stabilité de la région
empêchera cette dernière de se laisser capter à
terme par les groupes les plus anti-occidentaux.
Jamil Benabdallah :
Les évolutions de la politique étrangère
kazakhstanaise depuis 1991: Analyse des contraintes internes et externes
Résumé :
En décembre 1991, l'indépendance du Kazakhstan est proclamée
dans un climat d'appréhension. La société kazakhstanaise
et ses dirigeants craignent de ne pouvoir maîtriser les conséquences
d'une transition qui s'annonce déstabilisatrice. L'une des premières
priorités du président Kazakhstanais, Nursultan Nazarbayev,
est alors de mettre en place rapidement une politique étrangère
indépendante et d'ouvrir le pays après 80 ans de tutelle
soviétique. Nous verrons dans cet article l'évolution
des relations du Kazakhstan avec ses trois principaux partenaires, la
Russie, La Chine et les États-unis, ainsi que les changements
et les continuités dans le positionnement stratégique
de ces trois puissances en Asie Centrale. Enfin, une grande place est
accordée à l'analyse des contraintes internes de l'État
kazakhstanais et des luttes entre groupes d'influence locaux qui ont
façonné la construction de la politique étrangère
du Kazakhstan.
Saima Kayani :
Identity Crisis at the Roots of Tajikistan Problem
Résumé :
L'Asie Centrale se trouve aujourd'hui face à un important travail
à faire sur son identité. Après la conquête
arabe, qui lui a donné l'élément culturel musulman,
et l'apport de 1917, qui a aidé à la construction d'une
identité nationale et non religieuse ou clanique, la chute de
l'URSS met les pays de la Route de la Soie face à de nouveaux
défis dans la définition d'eux-mêmes. La guerre
civile tadjike est un cas d'étude particulièrement intéressant
à partir de cette problématique.
Jennifer Taynen :
Interpreter, Arbitrator, and Outsider: The Role
of the Min Kao Han in Xinjiang Society
Résumé :
La société au Xinjiang se divise de façon presque
parfaite à partir des délimitations entre groupes ethniques.
Néanmoins, en rester là serait simpliste. En effet, comme
le remarque l'auteur de cet article, la langue, surtout l'apprentissage
du mandarin, peut être considéré comme une autre
ligne de fracture particulièrement signifiante. Cela apparaît
clairement avec l'étude des Min kao Han, les Ouïghours apprenant
la langue des Hans. Quasiment une communauté dans la communauté,
ils ont un pied aussi bien dans le bloc han que dans le peuple ouïghour,
mais ne sont pleinement intégrés ni dans un cas ni dans
l'autre, au point que certains les considèrent comme une troisième
communauté, à part. C'est cette communauté en devenir
qui va être analysée ici.
William K. Jackson :
Tibet in the Limelight, Xinjiang in the Dark
Résumé :
Deux régions proches de la zone centre-asiatique, et parfois
liées à elle, le Tibet et le Xinjiang, connaissent une
situation étonnamment similaire, que ce soit au niveau des aspirations
politiques ou des évolutions historiques. Malgré ces ressemblances
parfois frappantes, le Tibet est une cause bien connue et populaire
dans les pays occidentaux, alors que les rêves d'indépendance
ouïghours sont quasi-inconnus. Pourquoi une si grande différence
en terme de popularité ? C'est la question que pose W. K. Jackson
dans cet article.
Didier Chaudet & Sabrina
Vidalenc :
Les Empires sur la Route de la Soie : Etats-Unis,
Russie, Chine dans un nouveau
Grand Jeu en Asie Centrale
Résumé :
Un postulat est énoncé : celui d'un nouveau Grand Jeu
en Asie Centrale entre Etats-Unis, Russie et Chine, difficilement admis
par certains membres de la communauté scientifique et politique
internationale, parce qu'il souligne sans arcane la détermination
de ces puissances à aspirer à une zone d'influence, parce
qu'il révèle aussi les confrontations profondes s'établissant
entre ces trois puissances. La démonstration a pourtant bien
lieu : tandis que la politique américaine divulgue sa volonté
d'influence en Asie Centrale ainsi que ses paradoxes et ses embarras
pratiques issus de ses contradictions endogènes, la politique
russe vacille avec difficultés entre désir de maintien
de ses positions et aspiration de grandeur. Quant à l'Empire
du Milieu, ne pouvant par principe affirmer une volonté d'hégémonie
propre, il construit progressivement mais sûrement sa place dans
la région. Dans ce nouveau contexte, chacune de ces puissances
se jauge, cherchant à contenir ou à prendre en compte
les avancées tant économiques que politiques des unes
et des autres dans la région centre-asiatique.
Sadri Bensmaïl
Le culte du héros guerrier : Dé-réalisation
de la guerre et de la mort, instrumentalisation de la religion. Quelques
éléments de lecture des conflits actuels en terre d'Islam.
Résumé :
Cet article tente de montrer le grand intérêt à
étudier, au-delà des tabous et des réticences,
le culte du héros guerrier comme l'un des éléments
fondamentaux de certains phénomènes, collectifs ou individuels,
de violence.
Après avoir fait état de la fascination pour le militaire
et le guerrier dans le monde arabe et l'Afrique sub-saharienne - dont
certaines sociétés ont été depuis longtemps
définies comme particulièrement violentes -, l'auteur
rappelle que guerre et civilisation, culte de la mort et culte de la
vie ont historiquement exprimé un aspect central de l'ambivalence
humaine, depuis l'empire Maya et la Rome antique des sacrifices humains,
l'Europe et le Japon féodaux jusqu'à nos jours.
Il explique ensuite qu'en Occident, l'hyper-technologie actuelle de
la guerre se double d'un effort considérable de manipulation
de l'image de la souffrance et de la guerre, en particulier aux USA
où la violence, domestique et exportée, a atteint un niveau
jamais égalé. La dé-réalisation de la guerre
et de la mort s'y appuie sur un corpus idéologique et politique
mais aussi moral et éthique et sert des desseins de domination
du monde fondé sur la peur qu'il suscite et la volonté
de le consommer. Cette neutralisation des représentations objectives
ou critiques de la guerre et de la mort et la montée en puissance
de l'industrie des jeux et des média traitant de la guerre rompent
définitivement avec les rapports anciens du Guerrier au Monde,
rapports dans lesquels la guerre était représentée
par des arts au service d'une religion, c'est-à-dire d'une médiation
organisée entre l'ici-bas et l'au-delà. Ceci a conduit
à vider le culte du guerrier de son sens profond, de sa vertu
et de sa valeur, à éliminer sa dimension intérieure
(de dépassement de soi) pour ne garder que les aspects de réduction
voire de destruction de l'autre.
Protestantisme et islamisme sont alors proposés comme se faisant
aujourd'hui écho, s'opposant sur cette idée de paradis
à réaliser respectivement sur terre et dans les Cieux,
tout en se rejoignant par l'instrumentalisation de leurs messages divins,
de leurs dimensions messianiques en particulier, et du culte du héros
guerrier qu'ils entretiennent.
L'auteur appelle finalement, face à la répression et à
l'oubli des dimensions naturelles chez l'homme de la guerre à
l'étude de tous leurs aspects, à travers l'histoire et
l'actualité du fait guerrier. Ce n'est en effet que par l'analyse
des aspects idéologiques, mythologiques, philosophiques et cultuels
des conflits qu'il est possible de comprendre les " systèmes
" héroïques et guerriers de pensée dans leurs
potentiels négatifs, en vue de leur contrôle voire de leur
dépassement.
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