Al’occasion du sommet de l’Union Méditerranéenne en juin 2008 à Paris, la question du sens et du contenu de cette Union va prendre toute son ampleur. Si l’intention d’un rapprochement des pays méditerranéens est lancée, il s’agit aujourd’hui d’approfondir les éléments fédérateurs d’un projet qui se présente riche d’avenir pour certains et, pour d’autres, mal venu, voir utopiste. La clarté des intentions du président français, Mr Sarkozy, exposé à Tanger en octobre 2007 est à la mesure de l’ambition de ce projet : « Faire de l’Union Méditerranéenne, le plus grand laboratoire au monde du co-développement où le développement se décide ensemble et se maintient ensemble… ». La volonté de créer un espace de solidarité et de coopération se voit porteur d’une espérance nouvelle pour le développement économique. Mais confronté aux différences extrêmes de ces pays, ou de ces deux entités africaine et européenne, on ne peut que s’interroger sur la fiabilité de cette Union. A-t-on les possibilités réelles de réaliser une cohésion suffisamment forte pour dépasser les clivages culturels ? Une visée économique ou politique suffit-elle pour unir des nations si diverses ? Quand on regarde ensemble les métropoles de ces pays, comme Gibraltar et Tel-Aviv, Istanbul et Marseille, ou Tripoli et Rome, on se demande quels points communs peuvent les rassembler véritablement ?