Laurent Vinatier
Diplômé de l’Institut d’Etudes politiques de Paris, chercheur associé à l’Institut Thomas More.

Un modèle de parcours migratoire :
Le cas des réfugiés tchétchènes en Europe

Résumé

Tout exil est déstructurant. La décision de partir est personnelle et souvent douloureuse. Plusieurs facteurs déterminent le parcours du migrant. Ils sont de deux ordres principaux : les déterminants physiques ou géographiques, à savoir essentiellement la distance et les contraintes afférentes au lieu d’origine et à la zone d’accueil ; les déterminants humains ou sociaux, c’est-à-dire surtout la solidarité dont peut bénéficier le réfugié au cours de son parcours et lors de son installation dans la société d’immigration. L’urgence impose dans un premier temps une réflexion rapide, fondée sur une déduction quasiment instinctive : le réfugié s’appuie d'abord sur sa famille et la communauté déjà émigrée, puis il tend à faire des choix plus rationnels et à se diriger là où le rapport coût/avantages lui est le plus favorable.

Abstract

Living in exile breaks most of one’s references. The decision to leave is taken personally and often proves to be painful. Several factors determine the migrant trail. Those are of two main categories: physical and geographical structures, that is distance and all other constraints between the homeland and the host State; and also social and human structures, that is the solidarity between migrants during their trip and at their arrival to their final destination. Firstly, the urgency of war forces the migrants to a quick reflection based on an instinctive deduction. On his first steps, the refugee relies on his family or on the already-emigrated community. Then, he progressively comes to consider more rational choices and goes where the costs/benefits ratio appears to be the most advantageous for him.