C’est à Persan, cette commune « sensible » des franges de l’agglomération francilienne, qu’il m’a été donné de découvrir de près le type de travail accompli par l’architecte et urbaniste Clément-Noël Douady. Une cité trop fermée et sujette aux violences des jeunes avait été retouchée par ses soins afin qu’elle soit mieux vécue. Opération intelligente mais aléatoire, retravaillant une épure que l’architecte précédent avait lui-même savamment dosée. Sentiment d’accomplir une tâche de Sisyphe, ou de réparer sans fin (cf. Les dragons de Persan, 2003). C’est sur ce fond de sur-place ingrat (même si ce dernier coup de maître a été salué par la critique et bien « réceptionné » par les habitants de tous âges) que la magie chinoise opéra sur le destin de CND. L’éclosion soudaine de la Chine d’aujourd’hui avait brisé un autre immobilisme, une autre fermeture du moins validée par nos représentations. CND ne cache pas, dans les lignes qui suivent, l’espèce de candeur que nous partagions en pénétrant pour la première fois dans ce monde autrefois interdit, où tout devenait possible avec une intensité démultipliée par le nombre des gens, des villes, des tours… CND y retrouva au centuple l’ardeur de ses débuts dans les villes nouvelles françaises. Tandis qu’il se faisait progressivement plus chinois que chinois, CND accepta dès 2006 de suivre les travaux du groupe Orients Urbains, contribuant à lui apporter le goût de la comparaison et de la découverte des autres. Ph. Haeringer.