Alors que, dépassant l’aspect économique, l’ère de la mondialisation s’impose sur la pensée, l’identité et la culture,
et alors que le rigorisme de tous bords : nationaliste, religieux, étatique gagne du pluralisme, une nouvelle publication
pourra-t-elle avoir un rôle constructif ?
Cette revue prétendra-t-elle pouvoir apporter un message original et fructueux dans ses objectifs ? Mais pouvoir,
n’est-ce pas vouloir et vouloir c’est l’ambition. Citons : « Celui qui craint d’escalader les montagnes,
vivra éternellement dans les fossés ! » Conscients de la diversité d’opinions, de mouvances et d’écoles relatives aux liens existant entre l’Europe et l’Orient, cette revue qui voit le jour a pour but d’éclairer tous les aspects ambigus de ces liens, en se différenciant de tout ce qu’elle estime peu utile et moins constructif.
Dans ce contexte, il est permis de s’interroger sur les vrais intérêts culturels ou intellectuels de ces courants.
Est-ce une convivialité se situant en marge de la connaissance pour répondre à un souci d’inter communautarisme ?
Certes, tout en favorisant l’indulgence, face à l’intransigeance, la clarté d’esprit doit l’emporter sur
l’ambiguïté écartant la crainte qu’un véritable échange, fondé sur la sincérité ne même à une rupture.
Est-ce le rôle d’un orientalisme démodé ou même d’un pseudo-orientalisme dont les buts et les enjeux sont discutables, de monopoliser le domaine du savoir et d’interpréter les liens réciproques entre les deux mondes, comme étant une vérité à sens unique.
Evidemment, le monde est fondé sur des bases d’intérêts et de rapports de force, mais il ne conviendrait pas de distinguer une école qui se veut scientifique d’un mercantilisme intellectuel ?
Est-ce sur la base d’une idéologie tiers-mondiste primaire usée, ou presque, à force de tourner à tort et à travers autour d’une réflexion dogmatique qui ne voit en l’Occident qu’un géant redoutable. Une telle école, sans nier les bonnes intentions, perturbe par sa tendance démagogique, la vision objective des liens réciproques.
Sans aller jusqu’à créer une polémique inutile, nous tentons plutôt de faire une distinction entre le concept d’aliénation que nous rejetons et celui d’une interaction que nous favorisons.
La concurrence culturelle, estimons-nous, est légitime, à condition que la bonne volonté et la sérénité l’emportent et sur les vieilles querelles et sur les nouvelles complaisances, présentées sous les formes de nord-sud ; orient-occident ; islam-chrétienté ; ou encore monde développé ou en voie de développement, etc.
En somme, l’interaction que nous défendons est établie sur la compréhension, l’autocritique et l’estime d’autrui.
Dans cette perspective, cette revue s’écartera d’un orientalisme « exotique » ou bien suspect et d’un occidentalisme « fascinant », mais assujettissant !
Tout culture ou civilisation humaine est d’être un bien réserve ou un monopole, c’est plutôt un patrimoine universel au-delà d’une quelconque limite géographique.
EurOrient-Paris, septembre 1997
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