Tout Empire périra.
Un tel constat, certes, a pu se vérifier historiquement, mais il mérite d’être nuancé.
Il existe plusieurs formes d’Empire. Certains se sont étendus bien au-delà de leurs frontières, citons par exemple le cas de la France ou celui de la Grande-Bretagne.
Après qu’elles se soient détachées de la Métropole, ces possessions dites d’Outre-Mer, ont recouvré leur indépendance, sans qu’il y ait eu un impact direct ou des conséquences préjudiciables sur les Nations-Mères.
Concernant l’Union-Soviétique, son influence s’étendant aux confins même de ses frontières , l’éclatement de son Empire provoqua un bouleversement au sein même de ses satellites, en raison du système totalitaire qui y régnait et de l’économie administrée qui en était née.
Dans ce contexte, cette poignée de micro-républiques situées à proximité de l’ex-Union-Soviétique, entra dans une ère d’instabilité, non seulement en raison de leur autonomie nouvellement acquise et des conséquences économiques, mais aussi du fait qu’elles sont devenues un enjeu de rivalité et de convoitise de la part de la Russie et des autres Grandes Puissances, la Chine et les Etats-Unis d’Amérique.
Il s’agit, en effet, d’une tentative d’encerclement de ce géant affaibli, attisée par l’attrait des ressources et de leurs voies d’acheminement.
Ajoutons que cette région de l’Asie centrale est le lieu d’un réveil islamiste, paradoxe pour l’Amérique, qui a longtemps alimenté les mouvances islamiques, rempart contre le communisme, et qui depuis 2001 , doit affronter ce même islamisme, nourri et encouragé dans le « laboratoire » afghan.
Pour l’autre Grande Puissance, la Chine, qui jouit d’une proximité géographique, le péril islamiste représente un danger commun avec son rival américain. Mais elle n’a aucun intérêt à ce que les Etats-Unis s’installent dans cette partie sensible de l’Asie, ni y impose une certaine présence.
Quant à la Russie, convalescente à la suite de son démembrement, rien ne prouve qu’elle ait définitivement abandonné la partie concernant cet ensemble de satellites. Il y a plus d’un quart de siècle, certain spécialiste avait déjà annoncé l’ère post-soviétique , qui s’est d’ailleurs réalisée.
L’avenir semble incertain et quelques questions fondées s’imposent. Commençons par l’Etat le plus concerné, la Russie ; elle se trouve dans une situation instable, qui nécessite des changements. Surmontera-t-elle cet affaiblissement et saura-elle imposer une certaine discipline à cet ensemble de mini-républiques ?
La Chine, voisine, aura-t-elle, dans un futur proche, la force d’un géant qui lui permettrait de rivaliser avec la Super-Puissance d’aujourd’hui ?
Et cette dernière possèdera-t-elle avec certitude les atouts suffisants pour conserver son hégémonie y compris dans cette partie du continent asiatique, important centre de gravité, face à d’autres rivaux connus ou potentiels ?
Dans ce contexte, il est difficile d’envisager un schéma clairement défini quant au futur des enjeux de cette zone géopolitique, convoitée par trois Grandes Puissances : la Russie, la Chine et les Etats-Unis.
Paris
EurOrient-Septembre 2005
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