Dans cette partie du monde, appelée parfois Levant, la Syrie a toujours représenté un centre de gravité sur les plans historique, géopolitique et idéologique.
Déjà à l’époque des Omayyades, au 7ème siècle s’est établi, à Damas, le 1er Empire arabo-islamique, qui s’est imposé dès lors en tant que puissance dépassant l’échelle régionale en s’accordant le rôle précurseur de l’arabité.
Historiquement, il s’agissait de la grande Syrie, qui incluait ce qui fut nommé plus tard, le Liban, la Palestine et la Jordanie.
Cette partie du Proche-Orient, riveraine de la Méditerranée, a toujours attiré les convoitises, surtout à l’époque contemporaine,
devenant l’objet de toutes sortes d’incursions par le biais de son maillon faible, le Liban : missions culturelles, confessionnelles,
protectrices des communautés minoritaires, missions qui furent américaines, russes, françaises et britanniques.
Par les accords Sykes-Picot, cette zone de l’Orient sera mise sous tutelle franco-britannique, jusqu’à la fin de la seconde guerre
mondiale, époque à laquelle une nouvelle rivalité émergera entre les deux grandes puissances soviétique et américaine, qui se
lanceront dans ce qui est appelé « la guerre froide ».
En raison de la position stratégique de la Syrie, il s’agissait, pour ces puissances influentes, soit de la ménager, soit
de s’attirer ses faveurs, ou de la neutraliser, d’autant plus qu’elle se trouve impliquée dans l’un des contentieux les plus
complexes sur le plan régional, sinon mondial, celui du conflit arabo-israélien. Car c’est la paix et même la stabilité
planétaire qui risqueraient à tout moment, d’être mises en péril .
En fait, la Syrie tire son importance d’un ensemble de facteurs considérables :
- Sa position sur la rive orientale de la Méditerranée, mer qui met en relation l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
- Sa volonté de se réserver le rôle d’avant-garde de l’arabisme sur le plan régional et même de se placer en concurrence tantôt
avec Bagdad, tantôt avec le Caire.
- Son contentieux avec la Turquie voisine sur divers sujets : l’atlantisme de cette dernière ; son alliance stratégique avec l’ennemi juré, Israël ;
sans parler de la question de l’eau, l’Euphrate que se partagent trois pays :la Turquie, la Syrie et l’Irak.
-A l’heure où les Etats-Unis se lancent dans une stratégie de polarisation, la Syrie demeure un élément majeur sur l’échiquier de
tout processus de paix ou de guerre au Proche et Moyen-Orient, d’autant plus que, depuis 1979, elle s’est rapprochée ostensiblement de la
République islamique d’Iran.
La Syrie est un acteur de premier plan, porteuse d’atouts de stabilité ou d’instabilité, mais est-elle, pour autant,
réellement incontournable ?
EurOrient
Avril 2007
| Page précédente | Page suivante |