N°8:Etat et Société Arabes : l’épreuve de force

Point de vue

Dès leur création, les Etats-nations arabes n’ont cessé de se heurter à l’épreuve d’une véritable émancipation leur permettant de parvenir à la démocratie. Issues du partage colonial, dans la période de l’Entre-deux –guerres, ces entités géopolitiques n’ont guère réussi à surmonter l’essentiel de leurs problèmes, consistant à instaurer. Il est à remarquer que le rapport entre l’Etat, en tant qu’ensemble institutionnel, et le pouvoir politique, est à peine discernable. Dans cette optique, comment envisager un pouvoir parallèle, c’est-à-dire une activité civique, face à une telle autorité ? Concernant le monde arabe, il est à craindre que l’Etat ne soit dissous dans le pouvoir, que le pouvoir politique ait une action prédominante sur l’Eta : - Au Machrek, par exemple, si le conflit arabo-israélien a pu servir de prétexte pour instaurer des systèmes sécuritaires, ceci n’est plus justifié dans les pays du Maghreb, situés assez loin du front de ce conflit. - Si cette inadaptation à la démocratie est attribuée au retard pris sur la modernité, alors, comment expliquer que des changements soient intervenus au sein de nombreux pays en Amérique latine, en Europe centrale, en Afrique, voire même dans certaines pays non-arabes tels que l’Iran, l’Indonésie ou le Sénégal, pays qui, tous, appartiennent à l’univers appelé Tiers-monde ! - Et s’il a été mainte fois répété que, dans l’esprit collectif arabe, c’est le principe de la vénération du chef qui est responsable du manque d’évolution, ceci s’avère inexact dans le cas de l’Algérie. L’absence du culte de la personnalité, dans ce pays, n’a pas empêché l’instauration de l’autoritarisme. En somme, comment envisager un pouvoir civique parallèle au pouvoir politique, en dehors d’un Etat de droit ? Depuis la « Nahda », du XIXème siècle, qui est plus un « éveil » qu’une Renaissance, les sociétés du monde arabe cherchent en vain une identité qui leur soit propre, et qui soit surtout porteuse des valeurs démocratiques.
Eurorient- Paris, janvier 2001

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