Turquie : “La politique turque en question: entre imperfections et adaptations”.
Livre collectif

Sous la direction de Emel Parlar Dal
PhD, chargée de cours à l’Université de Marmara, Istanbul, Turquie

Depuis la dernière décennie, la politique turque connaît une transformation profonde aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan extérieur.
Aujourd’hui, la distinction existant entre la politique extérieure turque et sa politique intérieure vient de disparaître
car la plupart des questions dont les “deux” politiques se préoccupaient converge davantage qu’elle ne diverge.
La première décennie du 21ème siècle est donc devenue une période de changements successifs pour la politique turque
qui s’est engagée à redéfinir le rôle de ses acteurs politiques, leurs moyens d’action, ses mécanismes du pouvoir
ainsi qu’à reconfigurer les relations entre l’appareil étatique et la bureaucratie civile et militaire. De plus,
la nouvelle politique turque a également visé à changer le concept de sécurité nationale de la Turquie et les composantes de sa culture sécuritaire.
L’accélération de la démocratisation et de la désécurisation “interne” a sans doute contribué au changement graduel
de la mentalité de l’élite politique en construisant une nouvelle conception du rôle national pour celle-ci.
L’ajustement de la politique turque au nouvel environnement international du 21ème siècle a démarré initialement au niveau domestique.
La transformation politique en Turquie qui est, en partie, une conséquence de la mise en place des réformes européennes depuis 1999,
date où la Turquie a été acceptée comme candidate officielle à l’UE, a essentiellement pour objectif d’assurer la démocratisation et la stabilité politique dans le pays.
Les changements réalisés dans la compréhension de la sécurité nationale turque et dans l’ancienne tradition bureaucratique
et autoritaire du processus de prise des décisions politiques combinée avec la libéralisation économique
et la stabilité politique maintenues dans le pays ont tous contribué à la désécurisation
et la repolitisation des questions politiques sur le plan domestique qui étaient auparavant considérées comme des problèmes de sécurité.
Cependant, malgré que depuis la dernière décennie de considérables progrès aient été accomplis en Turquie dans le domaine de la démocratisation
et de la civilisation de la politique, il existe encore des ambiguïtés et des obstacles dans le pays devant
l’établissement d’une démocratie parfaitement civile et libérale et non autoritaire de type occidentale.

A partir de ce constat, on peut dire que malgré l’existence de ses imperfections, l’européanisation de la Turquie sur le plan politique,
juridique, économique, socio-culturelle a largement changé la donne sur le plan de la politique intérieure du pays.
S’ajoute à ce tableau les grands bouleversements internationaux des années 2000 tels que les événements du 11 septembre,
la guerre en Afghanistan, la guerre d’Irak en 2003 et finalement les récentes révoltes arabes survenues dans les premiers mois de 2011.
Bien évidemment, il serait erroné de tenter de comprendre les nouvelles dynamiques et équilibres de la nouvelle politique
turque à travers ces changements systémiques. Les facteurs internes tels que l’arrivée au pouvoir en 2002 d’un parti conservateur,
l’AKP, dont l’origine remonte au Parti Islamiste d’Erbakan, le Parti de la Prosperité, la remontée en puissance de la société civile turque,
les retombées des réformes européennes sur la vie politique turque contribuent tous à la transformation de la politique turque au 21ème siècle.

La politique intérieure et la politique extérieure sont en effet deux fins d’un continuum plutôt que deux politiques brusquement divisées.
Dans le cas de la Turquie, il existe une zone grise très marquante entre ce qui est considéré comme “intérieur” et “extérieur”.
D’ailleurs, cette zone grise de la politique turque reste également vulnérable aux influences des politiques intérieures et extérieures des autres pays.
Dans ce travail, notre principal objectif est d’analyser les questions majeures de l’actuelle politique intérieure turque
qui se trouvent dans la zone grise ou la zone d’intersection entre “intérieur” et “extérieur” de la politique turque.
Il semble que ces dernières années l’activisme de la nouvelle politique extérieure turque et la mise en place par l’AKP
d’une nouvelle régionalisation basée sur le principe de “zéro problèmes avec les voisins” aient éclipsé
les développements s’étant déroulés sur le plan intérieur du pays. Cependant, les grandes questions “à l’intérieur”
telles que les problèmes kurde et alévi, les débats autour du projet de “nouvelle” Constitution plus démocratique,
les défis concernant les droits de certaines minorités non-musulmanes et religieuses, les restrictions existant sur
les libertés individuelles et collectives, la faiblesse du système juridique et politique turc, les imperfections concernant
la démocratie turque, restent encore problématiques. Par ailleurs, ces imperfections de la politique turque continuent encore
à créer des répercussions importantes sur l’actuelle politique extérieure turque visant à revaloriser la place et le “soft power”
de la Turquie à l’échelle régionale et internationale et à créer une valeur ajoutée pour l’identité authentique du pays aussi bien en Occident qu’en Orient.

Ce livre collectif concernant les majeures questions, les débats ainsi que les nouvelles dynamiques la politique turque à paraître en mai 2012
acceptera des articles de recherche constitués notamment autour des thématiques suivantes:

1. La démocratie et l’AKP
2.La redéfinition des relations civiles et militaires en Turquie
3. La reconfiguration de la sécurité nationale turque et la désécurisation
4. Les relations entre l’identité et le pouvoir; une nouvelle identité turque pour une nouvelle politique?; la fin du mythe européen?
5. Les réformes européennes et l’AKP
6. La nouvelle politique turque vis-à-vis de la question kurde: entre ouverture et impasse
7. Les nouvelles dimensions de la question alévie en Turquie et ses répercussions sur les politiques intérieure et extérieure turques
8. La question arménienne: impasse de la politique turque?
9. L’Islam politique turc, la sécularisation, laïcité et l’AKP
10. Les performances et les faiblesses de l’économie turque au cours de la dernière décennie
11. L’Administration publique en Turquie; les débats autour de la centralisation et de la décentralisation
12. Les débats actuels sur la Constitution
13. La société civile, les femmes, les jeunes dans une Turquie en forte mutation
Contenu et organisation

Les propositions d’articles (en français et en anglais), d’une longueur maximale de 10 lignes
(sous format word ou pdf) accompagnées d’un CV, devront parvenir avant 25 janvier 2012 à
Emel Parlar Dal emelparlar@yahoo.com et Ata Ayati ataayati@yahoo.fr

La langue des contributions
Les auteurs sont fortement encouragés à rédiger leurs papiers en français.
Toutefois, les contributions en anglais seront également considérées pour la publication.
Le format des communications
Les articles ne devront pas excéder 6000 mots(entre 4000 et 6000 mots).
Ce total doit inclure
1° les notes de bas de page,
2° une bibliographie par ordre alphabétique en fin d’article,
3° un résumé en français et en anglais (pour les articles en anglais, veuillez noter que les résumés français seront traduits par l’éditeur).
A ce propos voir aussi, le site internet de la revue, la rubrique, envoie des articles EurOrient
Les articles devront parvenir à Emel Parlar Dal emelparlar@yahoo.com et Ata Ayati ataayati@yaoo.fr
Le courrier électronique devra contenir la soumission au format Word ainsi que les nom, prénom, adresse, téléphone et adresse électronique d'un des auteurs.
La date prévue de la publication
-Dernier délai pour l’envoi des articles: 25 mars 2012
-A paraître en mai 2012
-Editions : L'Harmattan