Selon Bernard Botiveau, qui était chargé de cours pendant plusieurs années à l’Institut de droit dépendant de l'université de Berzeit, à côté de Jérusalem, L’Etat palestinien existe en fait.
Pendant l’application de l’autonomie, l’OLP a implanté, en fait, les fondements de cet Etat. Les accords signés avec Israël lui permettent d’exercer des pouvoirs dans les domaines politique, économique, social et culturel, sur une partie de la Cisjordanie et de Gaza. Le nouveau pouvoir s’est d’abord facilement imposé car, étant directement issu de l’OLP, il bénéficie d’une organisation expérimentée.
De plus, les accords économiques internationaux lui ont facilité l’installation des institutions de l’autonomie, avec l’appui implicite d’Israël. Une administration s’est installée, distincte de celle de l’OLP, dont la bureaucratie reste souvent tributaire d’intérêts locaux. Le gouvernement autonome est composé des ministres appartenant pour moitié à la bureaucratie de l’OLP venue de Tunis, et une autre moitié aux élites de Gaza et de Cisjordanie ; notamment de ceux qui ont toujours joué un rôle central dans l’OLP. Quant aux militants de l’Intifada, ils ont été intégrés en grand nombre dans l’appareil d’Etat, notamment dans les multiples services de renseignement et de police ; soit 20 000 hommes environ au total, appointés comme les 20 000 à 30 000 autres fonctionnaires, grâce à l’aide internationale.
Le Conseil palestinien, élu en janvier 1996 à Gaza, exerce, quant à lui, des pouvoirs législatifs et exécutifs. Ce Conseil n’est pas un parlement, mais un instrument de l’autogouvernement prévu par les accords intérimaires. Il a, comme rôle principal, de contrôler la politique du gouvernement autonome. Israël a certes imposé une certaine limitation des pouvoirs, à ce Conseil. Les lois votées sont soumises à une commission juridique spéciale. Mais, le Conseil peut aussi utiliser son mandat pour annuler les ordonnances militaires israéliennes et émettre de nouvelles lois et juridictions territoriales.
En résumé, l’autorité palestinienne a créé des administrations qui dépassent, dans la pratique, leur fonction transitoire initiale, tentant de s’affirmer comme institutions étatiques.
A.Ahmad