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Key Hormuz : Le cinéma iranien, l’image d’une société en bouillonnement. De la vache au Goût de la cerise. Karthala. Coll. « Hommes et Sociétés », 1999. 321p.

Cet ouvrage est issu d’une thèse de doctorat intitulée : « Avant et après la Révolution en Iran : un cinéma, deux stratégies ». Soutenue en juin 1998, à l’Université Sorbonne- Panthéon, avec une mention très honorable, accompagnée des félicitations du jury à l’unanimité.
Il s’agit d’un excellent ouvrage d’analyse des films à travers lesquels, l’auteur tente d’appréhender sociologiquement le mode de pensée de la société iranienne, qui est à la quête d’elle-même, où le cinéma a trouvé sa raison d’exister : ses créateurs sont passés de la polémique contre un Etat incapable à celle d’une « auto-thérapie » qui s’exprime par une vision humaniste de l’individu et examine les pulsions les plus élémentaires de l’homme à travers une intrigue dont la forme est souvent poétique, avec la peur, la joie, le besoin d’exister.
Pour pouvoir réaliser des essais critiques et politiques, les auteurs ont contourné les rigueurs extrêmes de la censure par l’utilisation de métaphores que chacun peut comprendre.
Cela dit, l’auteur étudie le cinéma iranien en deux temps : une politisation exacerbée de la société qui commence en 1969, et atteint son paroxysme à la Révolution, puis la naissance d’un nouvel individu, plus responsable de sa vie. Pour le cinéma pré-révolutionnaire, il fallait donc prôner un renversement du régime en place, alors que son successeur, le cinéma post- révolutionnaire dans son évolution est parvenu à la conclusion que pour atteindre la liberté, pour créer une société libre, il fallait d’abord des hommes indépendants. Telle est l’hypothèse centrale et finale de Hormuz Kéy.
L’auteur pour vérifier son hypothèse, a divisé son étude en trois parties. La première partie intitulée : le cinéma iranien avant la révolution islamique où l’analyse contextuelle des différents films est minutieusement abordée. La deuxième partie est consacrée au : cinéma iranien après la révolution islamique. Pour mieux saisir cette période l’auteur a mené une série d’entretiens avec les prototypes de cinéma tel que A. Kiarostami, M. Makhmalbaf et l’historien du cinéma iranien F. Gaffary, etc La troisième partie est nommée : comment produire un film en Iran avant et après la révolution et la manière dont la censure l’applique.
En outre le livre contient : une préface de Marc Ferro et une présentation de Jean-Claude Carrière, une introduction, où l’auteur expose la difficulté essentielle d’élaborer une telle recherche, une conclusion, une filmographie et une bibliographie.
Le manque de vision historique du cinéma iranien, est peut-être une légère faiblesse de ce livre.
Somme tout, cette publication comble un vide dans le domaine, qui ouvre un nouveau champ de recherche, un exercice analytique délicat qui consiste à chercher les racines des modes de pensée de la société iranienne de ses films.
Ata. Ayati