Le présent ouvrage est une contribution intéressante à l’histoire de l’Iran dont l’auteur parcours remarquablement deux siècles des relations extérieures de ce pays. Il divise son champ d’étude en sept chapitres : 1- L’Iran féodal, enjeu de la compétition anglo-russe (pp.7-59). 2- L’Iran, allié des Etats-Unis, le règne de Mohammed Reza Pahlavi (pp.61-166). 3- La Révolution et l’instauration de la République islamique (pp.167-243). 4- Lignes de forces de la politique étrangère iranienne (pp.245-343). 5- L’Iran, puissance nucléaire (pp.345-366). 6- Relation avec l’Irak, l’alliance Iran-Syrie, le Hezbollah - la guerre du Liban (pp.367-374). 7- Une prospective d’avenir (pp.345-388).
Dans les cinq premiers chapitres bien articulés. R. Yakemtchouk, professeur émérite de l’Université de Louvain, retrace chronologiquement l’histoire des relations extérieures de l’Iran : De l’Iran féodal et la rivalité anglo-russe, à l’Iran allié des Etats-Unis, en passant par les relations avec la Turquie, l’Irak, l’Asie Centrale, l’Afghanistan, l’Union européenne et en évoquant la crise du régime du Shah et l’instauration de la République islamique. Donc, dans ces chapitres, l’auteur parvient à restituer une histoire générale de l’Iran.
Les deux derniers chapitres se penchent sur la question nucléaire iranienne et l’influence de ce pays dans la région. Il nous montre que le pouvoir islamique a repris le programme nucléaire engagé par le Shah. Envisageait-il exclusivement des objectifs pacifiques, ou obéissait-t-il dès le début à des motivations politiques et militaires ? Ses besoins énergétiques nucléaires sont-ils prioritaires ? Voulait-on développer le nucléaire civil pour produire de l’électricité et garder le pétrole pour l’exportation ? A supposer que l’Iran persiste à braver la communauté internationale, sera-t-il capable de faire face à une éventuelle intervention militaire des Etats-Unis et d’Israël contre ses installations nucléaires ? Si oui, dans quelle mesure ? Disposant d’importantes ressources financières, il a su, certes, refaire ses capacités nucléaires, qui avaient été fortement éprouvées lors de la guerre contre l’Irak, et depuis lors les Iraniens se sont employés, avec l’assistance de la Russie, de la Chine ou de la Corée du Nord, à fabriquer sur place certains systèmes d’armements, notamment l’artillerie, les hélicoptères, les tanks et les missiles. Cela est-il suffisant pour assurer la sécurité de ses sites nucléaires ?
Il conclut : Ce n’est naturellement pas l’Occident qui doit se charger concrètement de cette réorientation humaniste fondamentale du régime en place, mais le peuple iranien lui-même, plus particulièrement sa jeunesse et ses intellectuels ouverts à la liberté et au progrès. Toute ingérence étrangère en cette matière est à proscrire.
Un livre passionnant et facile à lire.
Ata Ayati