Cultures & Conflits, n°63 :«Mort volontaire combattante, sacrifices et stratégies».

Le 63ème numéro de la revue Cultures & Conflits est consacré à « La mort volontaire combattante, sacrifices et stratégies ». Il s’organise autour de quelques questions. Peut-on faire de la mort volontaire combattante un objet de réflexion ? Comment analyser ces pratiques suicidaires qui vont de l’immolation de soi, sans victimes immédiates, au geste kamikaze le plus meurtrier ? Que pouvons-nous comprendre aux motivations de leurs auteurs ? L’attentat suicide serait-il devenu l’archétype de l’acte de violence brutale, qualifiée de « terrorisme », et le kamikaze sa figure évidente ? Ce dossier sur un thème d’actualité aussi brûlant retrace son enracinement historique, par exemple en Europe lors de la Grande Guerre. Comme le remarque François Lagrange, il existe de nombreuses variantes de motifs, parfois complètement laïcisées. Le sacrifice des combattants de la Grande Guerre n’a apparemment rien de commun avec la mort volontaire des Kamikazes. La Grande Guerre semble même être un cas limite dans les liens ambigus entre sacrifice de soi et suicide, « tout va au sacrifice et rien au suicide ». Et aussi en terre d’islam, comme le résume opportunément Bruno Etienne : « La presse occidentale utilise le terme de « kamikaze » pour désigner les combattants suicidaires. Eux-mêmes emploient un tout autre vocabulaire qui renvoie à la culture islamique et au statut de la mort, du suicide, du martyre dans l’historiographie utilisée par les Islamistes. »
Ata Ayati