Droit & Cultures, revue semestrielle d’anthropologie et d’histoire, intitulant son 52ème numéro « Iran et Occident »,
rend hommage à Kasra Vafadari, intellectuel iranien assassiné à Paris, en 2005, dans des circonstances troubles. Enseignant en
anglais, maître de conférences à l’Université de Nanterre, K. Vafadari y anima également des cours d’histoire et d’anthropologie
juridique sur l’Iran ancien. C’est pour cette raison qu’une partie de ce dossier s’attache à saisir les rapports culturels de l’Iran
préislamique et de l’Europe. Plusieurs articles en traitent remarquablement, que ce soit à propos des princes iraniens de la Gaule
romaine, des Parthes arsacides dans l’armée gallo-romaine à la fin de l’Empire, d’un opéra de Rameau consacré à Zoroastre et à l’utopie
franc-maçonne, ou encore du croisement des influences entre les traditions musicales perse et européenne. Cependant, deux articles abordent
les aspects socio-culturels de l’Iran contemporaine. Le premier, reprenant les rapports d’un consul de France à Tabriz à l’époque de la
révolution constitutionnelle (début du XXème siècle), traite du débat d’alors sur la justice, balançant entre laïcité et islam. Le deuxième,
sous le titre « Anthropologie et droits de l’homme en Iran, de la tolérance au respect », est issu d’un colloque qui a eu lieu à Téhéran en 2003,
à l’Université Shahid Baheshti. L’auteur essaie une leçon anthropologique où l’observateur se regarde lui-même à travers le regard de l’Autre, et
propose à l’Autre d’en faire de même.
Ata Ayati