La revue Géostratégiques, de l’Institut International d’Etudes Stratégiques, a consacré son 15ème numéro à « l’Europe et les crises au Moyen-Orient », thème abordé lors d’une conférence tenue au siège permanent de la Commission européenne à Paris. La question centrale en était celle du rôle que peut tenir l’Union européenne dans la gestion des crises moyen-orientales. Il est à noter que la diplomatie européenne dispose d’un outil, la « Politique Etrangère et de Sécurité Commune », qui permet aux Etats européens d’agir en concert sur le plan international et d’élaborer une vision diplomatique différente de celle de la politique déclaratoire de la coopération européenne.
Une politique étrangère qui se veut un moteur de développement destiné à 22 pays de la Ligue arabe et à 5 pays non arabes : Afghanistan, Iran, Israël, Pakistan et Turquie. L’existence de liens historiques entre ces pays et les anciennes puissances européennes se traduit par des relations économiques et politiques privilégiées, et met en perspective une zone euro-orientale de développement économique, social et culturel. Aujourd’hui le Moyen-Orient est confronté à diverses crises, en particulier celle de l’application du droit international à la guerre livrée par les Etats-Unis, à une crise humanitaire sévère au Proche-Orient et en Irak, à la crise de l’acquisition de la technologie nucléaire par des puissances émergentes.
Des questions se posent sur le rôle des superpuissances au Moyen-Orient. Agissent-elles en concurrence ou en coopération ? Leur action apporte-t-elle des résultats concrets ou est-elle impuissante face aux défis ? Qui pourra désamorcer et sauver la négociation avec l’Iran, trouver une solution équitable au Proche-Orient ? Qui doit sécuriser les frontières israéliennes à Rafah ? Il s’agit bien dans les faits de l’Union européenne et des Etats de l’Europe, bien que ces nations n’aient pas d’intérêts nationaux en jeu.
Ces questions sont débattues par des diplomates, comme Johan Holmes,
ambassadeur de Grande-Bretagne en France et Mowafak Abboud, ambassadeur
d’Irak à Paris, par des professeurs, écrivains, journalistes et chercheurs,
comme Bichara Khader. Ils tentent, dans ce numéro, de mettre en évidence les
convergences possibles entre des visions différentes. Leur souci partagé est
de tracer une perspective politique et stratégique commune pour l’Europe au
Moyen-Orient.
Ata Ayati