Le 21ème numéro de la revue Questions internationales, aborde le thème de la pluralité de l’islam : « Islam, Islams ». Sous la
plume de Marc Gaboriau, éminent spécialiste des musulmans de sous-continent indien, de Simon Murden, professeur de relations internationales en
Angleterre, de Jocelyne Cesari, spécialiste des minorités musulmanes en Europe et aux Etats-Unis, de Daniel Rivet, directeur de l’Institut d’études de
l’islam et des sociétés du monde musulman, de Salma Belaala, chercheur, avec enfin un entretien avec Daryush Shayegan, philosophe iranien, les points
de vue sont très divers. Sont analysées quelques-unes des dimensions de l’islam dans les relations internationales, notamment avec l’Europe,
les origines de l’islam politique, l’islam et le marché, l’islam et la démocratie. Autrement dit traiter de l’islam, c’est évoquer les sociétés
musulmanes et, du même coup, au-delà des variantes d’une religion, dire la diversité ethnique, politique, des mœurs, diversité conduisant parfois
à de véritables divisions du monde musulman. Cela nous permet de comprendre la complexité et la profondeur de ce monde où nous sommes témoins de
guerres inter-communautaires et d’intrigues conduites par de puissants pays occidentaux. Comme le souligne à juste tire le philosophe iranien,
D. Shayegan : « Le fossé entre l’occident et le monde islamique ne cesse de se creuser et ceci pour plusieurs raisons. Il suffit de suivre la
trajectoire des penseurs islamique pour s’en rendre compte. Tout d’abord, il y a toute une « sociologie d’échecs ». Ces échecs se nourrissent
d’une illusion. Si tout va mal, c’est parce que la religion a
été corrompue de sorte que l’islam est devenu une fourrure mise
à l’envers… ».
Ata Ayati