Peut-on parler de l’Irak sans aborder l’horreur d’hier et celle d’aujourd’hui
et la crise d’ordre social, politique, économique, culturelle et ethnique qui traverse
ce pays depuis une trentaine d’années ? Tel est le but de ce numéro de la REMMM, accordant
une large place aux forces et groupes sociaux et politiques qui composent la société irakienne,
groupes ethnolinguistiques ou confessionnels, tribus et populations rurales, populations urbaines et
catégories susceptibles de jouer un rôle dans l’Irak de demain.
Ce dossier est organisé en trois parties, dont la première regroupe des articles abordant
l’époque monarchique et les décennies qui suivent, en apportant un éclairage historique à des
questions d’actualité.
Une contribution très originale sur le déclin de l’intelligentsia de gauche en Irak attire l’attention
: l’auteur nous livre une analyse remarquable sur le rôle joué par cette formation politisée dans les
domaines littéraires, artistiques et culturels pendant les années 1960.
La deuxième partie a pour fil
conducteur la question des identités en lien avec diverses formes de mobilité ou d’exil. En particulier,
une recherche en cours sur la communauté exilée irakienne en Jordanie retrace l’histoire de l’émigration
irakienne dans ce pays et analyse la manière dont cette communauté formule l’identité ou les identités irakiennes.
La troisième partie regroupe trois contributions, abordant des problèmes contemporains (1990-2003) : Saddam Hussein
et la débâcle triomphante, retour sur l’échec de la reconstruction ; la question de la société civile irakienne ;
vie et mort de la débaassification.
Ata Ayati