Sous le titre : Intellectuels de l’islam contemporain. Nouvelle génération, nouveaux débats, le dossier de ce numéro essaie de répondre à ces questions : Qui sont les nouvelles générations intellectuelles dans le monde musulman sunnite ? Quels débats proposent-elles dans la sphère publique ? Quels sont leurs caractéristiques ? Comment les étudier ?
Les 8 contributions du dossier proposent ainsi de mettre en évidence certaines transformations récentes dans l’intelligentsia musulmane, laquelle reste pour l’instant plurielle et éclatée, prise dans des paradoxes qui la poussent parfois vers l’orthodoxie.
Dans une longue introduction Malika Zeghal nous livres quelques caractéristiques de ces intellectuels : sont mus par un désir de (re)lecture de l’Islam, mais sont aussi influencés par la production islamiste qui leur sert en partie de repoussoir… Ils ne sont pas forcément animés, dans leurs productions, par le religieux et quand ils traitent de l’Islam, ils le construisent sur un mode fort différent des islamistes, en s’opposant explicitement aux constructions intellectuelles et idéologiques que ceux-ci ont développées…Ils veulent lire l’Islam comme un ensemble d’interprétations humaines, donc relatives et historiques, de la tradition religieuse. Par ailleurs, ils préfèrent voir l’Islam comme partie des valeurs universelles plutôt que comme le terme d’une alternative qui oppose l’identité islamique à l’Occident…Ils posent des questions qui étaient devenues taboues, par exemple sur les minorités religieuses en Islam, sur les droits des femmes ou sur la violence…
Le seul regret que l’on peut avoir ou à formuler à l’égard de ce dossier, c’est que les intellectuels non arabes : comme iraniens et l’ensemble des chiites ne sont pas cités. Autrement dit, ces contributions se sont concentrées plutôt sur les intellectuels du monde arabe méditerranéen. Néanmoins, elles nous livrent un panorama classique des intellectuels musulmans.
Ata Ayati